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Introduction gammes blues rage de dent

Par la liseuse :: 31/08/2007 à 17:53


Rédaction : développez aux temps du passé le récit d'une nuit sinistre.

laliseuse                                                                                                                         31 Août 2007
18ème bachelier

                                                                  Rédaction

       Ce soir-là j'étais allée me coucher pas plus angoissée que d'habitude. Après avoir vérifié une dizaine de fois que la porte était bien fermée et que tous les appareils électriques étaient bien débranchés et froids, j'étais partie rejoindre mon mari au lit.
Il était tout fringuant dans son petit pyjama de flanelle, ses joues pivoines accentuaient la beauté des boutons dorés et gravés avec les armoiries de notre famille.
Après m'avoir délicatement tourné le dos en maugréant car je ne me prestais pas assez, il a éteint la lumière et je me suis endormie aussi sec grâce à la désormais pointue performance des somnifères aux algues de dubai.
Quand soudain, il était peut-être minuit, je fus réveillée par un cri terrible, un cri de bête féroce. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que ce hurlement puissant et bestial sortait directement de la petite bouche étirée de mon petit mari si chou dans son pyjama de noël.
Jean-Luc avait une rage de dent terrible.. Je le regardais pétrifiée, ne sachant que faire, où aller, qui appeler. Me rappelant subitement mes longues soirées seule devant la télé, j'ai trouvé la solution.
"Ne crains rien Jean-Luc, j'arrive, tiens bon, tu vas t'en sortir".
Et sans qu'il n'ait eu vraiment le temps de comprendre le pourquoi du comment, je l'ai assommé avec le buste de grand-mamie. Enfin il ne gémissait plus, et le buste n'était même pas effleuré. Mais quel tact Ginette.
Pour être sûre qu'il ne se réveille pas tout suant dans les draps propres de notre lit Louis 9, je l'ai tiré jusqu'au salon où le carrelage, j'en étais certaine, lui serait salutaire.
Je suis retournée me coucher, encore toute tremblotante mais si fière de ma réactivité. Je me suis offert un petit martini en récompense, et j'ai passé une nuit de rêve.
Le pauvre...


 Pour ce texte, je tiens à remercier mon amoureux qui a réellement souffert d'une vilaine rage de dent en pleine nuit, mais que je n'ai jamais, ô grand jamais, assommé avec un buste que nous ne possédons même pas.

Au départ, j'étais partie pour vous parler d'une nouvelle tirée des "funérailles de la grande mémé" de Gabriel Garcia Marquez, mais tous les événements sont liés.
Absente pour raison "professionnelle", j'ai lu cette nouvelle la veille de la terrible extraction de dent qu'il devait subir. Et presque heureusement pour lui, nous n'étions pas côte à côte car cette nouvelle s'attache à décrire l'extraction sans anesthésie d'une dent de sagesse récalcitrante, avec description du bruit et de la sensation incorporés.
Le jour même, j'ai également lu "le vieux qui lisait des romans d'amour" de Luis Sepulveda où un vieux dentiste  va de temps à temps arracher les dents toutes trouées de quelques patients isolés en pleine jungle.

Aussi, chantons tous en choeur ce refrain :
"Ce matin-là
En me levant
J'avais bien mal aux dents
Oh, là là là
J'sors de chez moi
Et j'fonce en pleurant
Chez un nommé Durand
Mm... Mm...
Qu'est dentiste de son état
Et qui pourra m'arranger ça"
(De Salvador, celui qui aime se lever tôt après avoir chanté le repos)

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