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Ce soir-là j'étais allée me coucher pas plus angoissée que d'habitude. Après avoir vérifié une dizaine de fois que la porte était bien fermée et que tous les appareils électriques étaient bien débranchés et froids, j'étais partie rejoindre mon mari au lit.
Il était tout fringuant dans son petit pyjama de flanelle, ses joues pivoines accentuaient la beauté des boutons dorés et gravés avec les armoiries de notre famille.
Après m'avoir délicatement tourné le dos en maugréant car je ne me prestais pas assez, il a éteint la lumière et je me suis endormie aussi sec grâce à la désormais pointue performance des somnifères aux algues de dubai.
Quand soudain, il était peut-être minuit, je fus réveillée par un cri terrible, un cri de bête féroce. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que ce hurlement puissant et bestial sortait directement de la petite bouche étirée de mon petit mari si chou dans son pyjama de noël.
Jean-Luc avait une rage de dent terrible.. Je le regardais pétrifiée, ne sachant que faire, où aller, qui appeler. Me rappelant subitement mes longues soirées seule devant la télé, j'ai trouvé la solution.
"Ne crains rien Jean-Luc, j'arrive, tiens bon, tu vas t'en sortir".
Et sans qu'il n'ait eu vraiment le temps de comprendre le pourquoi du comment, je l'ai assommé avec le buste de grand-mamie. Enfin il ne gémissait plus, et le buste n'était même pas effleuré. Mais quel tact Ginette.
Pour être sûre qu'il ne se réveille pas tout suant dans les draps propres de notre lit Louis 9, je l'ai tiré jusqu'au salon où le carrelage, j'en étais certaine, lui serait salutaire.
Je suis retournée me coucher, encore toute tremblotante mais si fière de ma réactivité. Je me suis offert un petit martini en récompense, et j'ai passé une nuit de rêve.
Le pauvre...