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"Moi d'abord" (de Katherine Pancol)

Par la liseuse :: 01/02/2007 à 9:15

Faut-il se méfier de l’amour ? Faut il se méfier du désir ? Faut il croire en la vérité ?

 Je pense que le problème doit être pris sous un autre angle.
L’amour, le désir et la vérité sont trois absolus qui renferment dans le fini tout un lot de contradictions.

Ce qui est à craindre de l’amour, ce sont ses effets, qui parfois jouent les guides dans l’erreur.
Ce qui est à craindre du désir, c’est sa polymorphie originelle et son insatisfaction éternelle. Il est un moteur qui tantôt nous pousse à nous réaliser pleinement et qui tantôt nous aliène.
Quant à la vérité, elle est absolue. Mais les vérités, elles, « nous trompent » souvent en n’étant que des reflets d’elle-même et en nous aveuglant.

Soit assez de pièges que pour tomber profondément dans le puit.

Quand Sophie, l’héroïne de ce livre, tombe amoureuse, elle tombe amoureuse d’un statut enfin obtenu. La fin des questionnements est proche, le désir comblé, ou du moins le désir sexuel (et cela seulement pour un temps), et la vérité semble toute trouvée, soit ELLE et LUI pour la vie.

Pourtant, elle se retrouve rapidement comme handicapée du bonheur, jamais satisfaite, toujours réduite à n’être que ce que l’on dit ou veut d’elle, incapable de se révolter, presque comblée à la vue d’une stabilité banale certes mais prochaine. Plus à penser. Thème des plus actuels.

Ramona, sa meilleure amie, exulte dans l’absolu. Rien n’est assez idéal que pour lui plaire, elle mourra à 20 ans en toussant dans un mouchoir en batiste ou deviendra l’aboutissement d’elle-même. La demi mesure n’existe pas

A lire ceci, on se dit qu’il doit bien y avoir quand même un entre deux. On se dit que certes en amour, il faudrait vraiment commencer à s’appliquer à penser à soi d’abord, pas trop, peut être un peu plus, c’est à dire assez que pour être fier(e) de soi.

Seulement, comment résister à la tentation extrême d’être soudé à l’être aimé. Penser à soi pour que le couple vogue toujours sur des flots lumineux, sans doute un objectif à renouveler sans cesse.

L’idée est parfaite, elle nous a presque tous déjà effleurée, voire même beaucoup travaillée, et Sophie ajoute à cela en posant sa pierre à l’édifice, avec son cas à elle, peut être extrême, sans doute courant.

Au final son creux intérieur nous éblouie comme un reflet fin observateur, qu’importe la route que l’on a fait sur sa longue et propre traversée personnelle.
Et à son tour on recherche ou on refait confiance à son Eduardo, ami essentiel qui nous fera réaliser ce que l’on vaut au juste.

 
(A signaler, l’écriture magistrale de l’auteur, qui dans tous ses romans, offre une consistance incroyable à ses personnages et à leur vie, passant parfois peut être sur l’extérieur, mais nous attachant toujours à son ouvrage par son côté palpitant et vrai (même si le destin des êtres qui le compose est parfois exceptionnel)).

 Un extrait-résumé : « Je levai le menton et vis, en face de moi, un couple illustration pour magazine : lui, grand, protecteur, viril ; elle, blottie, fragile, avec de longues mèches blondes. Nous étions un beau couple qui allait s’installer dans un bel appartement, avec un bel avenir devant lui. Une belle image à ne pas profaner. On s’installa le mois suivant. On fit le tour des salles de vente, de l’Armée du Salut, des compagnons d’Emmaüs pour acheter au plus bas prix des matelas, des chaises, des tables. Le reste, c’est Antoine qui le fabriquait. »



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